Archive pour la catégorie 'transports'

Du bruit

9 mars, 2010

Par contre la sortie de la gare a été moins allègre : Marie avait décidé qu’on ne la plumerait plus, or on cherchait un taxi qui nous conduise aux jardins (encore Victoria, me semble-t-il) pour se mettre au frais (relatif) avant de rejoindre l’aéroport. Nos deux ambitions étaient évidemment contradictoires…

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Aucun taxi ne voulait ouvrir son coffre pour mettre les sacs (j’ai décelé dans le coffre de l’un d’entre eux, dont on est d’ailleurs descendues, une bombonne qui avait toutes les apparences d’une bouteille de gaz – les taxis rouleraient-ils au gaz à Bombay ?), aucun taxi ne voulait enclencher son compteur, un autre n’a pas compris où on voulait aller. Bref, on est montées et redescendues illico de trois ou quatre taxis avant de trouver la perle rare. Cela n’aurait rien eu d’une performance si la manœuvre n’avait pas été aussi délicate – on était debout depuis 5h45, vidées par une journée de crapahutage intensif dans Bombay (moi, de surcroît, traumatisée par l’agresseur simiesque), déshydratées, trop grandes pour un taxi indien standard, sans parler des sacs qu’on ne pouvait bourrer dans l’habitacle qu’à force de contorsions. N’eût été que moi, j’aurais volontiers consenti à me laisser plumer jusqu’au dernier duvet pour nous épargner cette suée mémorable…

Je passe sur les vapeurs délétères expulsées par les véhicules en tout genre (sujet déjà évoqué ailleurs), mais un mot encore sur l’usage du klaxon : il est aussi essentiel au conducteur (qui en a parfois plusieurs échantillons) que l’air aux poumons. La rue est donc un incessant concert tonitruant de klaxons aux sons, tons, mélodies les plus variés et c’est proprement assourdissant. Je suppose que les quelques flics dévolus à la circulation sont intégralement sourds en quelques mois.

En tout cas, ça ne les incite pas à aider le piéton livré à lui-même dans les rues où règne la loi de la jungle. Il nous a fallu un moment pour comprendre que traverser une rue signifiait se jeter suicidairement dans le flot monstrueux en érigeant le bras dans un geste de protection aussi dérisoire que vain, et en espérant qu’on arriverait à swinguer entre les véhicules qui se ruaient carrément sur nos frêles silhouettes… Plus d’une fois, j’ai empoigné sauvagement le bras de Marie pour l’arrêter, persuadée qu’elle courait à sa mort. Au bout de quelques tentatives, nous avons saisi le truc : nous jeter dans la circulation en utilisant d’autres passants engagés un peu en avant comme boucliers humains ! Ça a marché : nous avons survécu.

Les transports indiens

9 mars, 2010

 

Hélas nous n’avons pas expérimenté le train, pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé à Pune (le gourou, l’attentat, l’hôtel dans « un bâtiment colonial joliment délabré », dixit le Lonely Planet). Mais nous nous trompions de carrosse : seul l’autobus (Volvo, flambant neuf, à en croire la pub) conduisait à Mahabaleshwar.

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Cependant, avant qu’un Indien obligeant, se proposant de nous assister dans la transaction, ne nous indique qu’aucun train ne conduisait dans ces montagnes (après coup, nous avons compris pourquoi : le relief ne se prêtait pas à la construction d’une voie ferrée), nous avions fait la queue et constaté qu’il fallait retirer un formulaire assez conséquent à un distributeur, le remplir en indiquant nom, lieu de destination et autres données mystérieuses (bigre ! dans quel alphabet ?), le remettre à une vendeuse de billets installée devant un ordinateur antédiluvien et attendre qu’elle délivre un billet qui nous paraissait de plus en plus chimérique. Toutes ces démarches nous ont donc été évitées. Mais nous avons mieux compris pourquoi il y a tant de gens qui trient le papier à recycler dans les poubelles.

 

            Par contre nous avons  tâté de la gare Victoria de Bombay (je crois me souvenir que c’est son nom) pour y déposer nos sacs à la consigne avant l’avion du soir.

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Ça ne nous a pas pris cinq minutes. D’abord, il a fallu trouver la consigne. Là un étranger anglophone nous a obligeamment conseillées : il fallait avoir un billet de train à présenter pour déposer ses bagages (ayant déjà effectué l’ensemble de la manœuvre, il nous a généreusement offert le sien) et surtout faire scanner nos sacs. Nous nous rendons donc à un portique qui avait tout l’air de son homologue d’aéroport, devant lequel un flic débonnaire attendait le chaland. Ah, oui, il voulait bien scanner nos sacs, mais il nous fallait des petits papiers que le préposé à la consigne devait préalablement coller sur les sacs… Nous retournons donc à la case consigne et par gestes nous faisons comprendre à l’employé qu’il nous faut ses petits papelards, il en scelle les fermetures de nos sacs à dos et nous voilà reparties au scanner. Le flic, qui se marrait franchement, a dûment estampillé nos bagages et nouveau retour à la consigne. Présentation du passeport (assez systématique en Inde, même dans les cybercafés), paperasse à remplir, affichage d’un ticket de consigne à grand renfort de colle sur les sacs, et à nous la liberté ! Je crois que nous avons passé une bonne demi-heure à la gare. La manœuvre inverse a été beaucoup plus brève, car Marie – à qui on peut faire confiance – n’avait pas égaré notre récépissé.