Archive pour la catégorie 'Non classé'

Marianne et le cordonnier

13 mars, 2010

Marianne et moi sommes cernées par les magasins de chaussures:  Mahabaleshwar, en particulier, en est l’épicentre;Marianne craque mais s’inquiète de la fragilité apparente de son acquisition: qu’à cela ne tienne, les rues sont pleines de cordonniers; on en trouve un beau:

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il ne parle pas l’anglais : aussi entreprends-je les négociations avec son voisin, marchand de chaussures. Une fois, le prix défini, notre cordonnier entreprend de découper un pneu qui fera office de semelle.

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Comme je demande si je peux prendre l’artisan en photo, son voisin, non seulement m’en donne l’agrément mais demande à être lui aussi immortalisé, puis en réclame une troisième pour le coiffeur qui jouxte son échoppe.

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Puis il sort son portable et me prend en photo: comme ça, tout le monde est content; Marianne prise par cette frénésie, se saisit de l’appareil photo et me mitraille

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Hygiene et nourriture

3 mars, 2010

L’un dans l’autre, Marie était plus frappée par la crasse que moi, cependant elle a réussi un exploit de détachement quasi fanatique : on nous avait amplement répété et seriné de faire bien attention à ce que nous mangions, mais poussée par son insatiable gloutonnerie, elle a dévoré jusqu’à la dernière miette ce que je pourrais soupçonner d’être un poison violent. A Mahabaleshwar, l’heure du déjeuner approchait, nous trions du regard les échoppes de nourriture pour choisir la plus conforme aux normes européennes d’hygiène (dans tous les cas, c’était assez loin du compte), par gestes et signes, nous faisons comprendre que nous voulons deux samoussasinde2010111.jpg. Jusque là, tout va bien. Puis le vendeur demande si on veut de la poudre de perlimpinpin dessus, Marie avide de goûts nouveaux acquiesce avec enthousiasme… et voilà notre vendeur qui enfonce un pouce puissant (à l’ongle carrément douteux) dans chacun des samoussas, pour y verser sauce, herbes, piments et autres ingrédients. Je me suis vue mentalement tomber raide d’horreur. Pas Marie.inde2010163.jpg

Elle a tout mangé, moi j’ai laissé les parties enfoncées. Il faut croire que le piment a tué les microbes : Marie n’est pas morte !

 Effectivement, j’ai tout mangé mais, après tout, comme nous sommes l’une et l’autre  incapables de décrire ou simplement de nommer ce que nous avons ingéré ( non pas ingéré mais dégusté avec volupté), je pense que ma soi-disant inconscience n’est que la manifestation de ma sagacité….

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Il manque la photo du cafard!

1 mars, 2010

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Les bêtes et nous

1 mars, 2010


Pendant que je m’extasiais devant chaque arbre un peu tordu ou massif, Marie n’en avait que pour les bestioles en tout genre, et son appareil-photo (car, en plus de ses nombreuses responsabilités – bourse commune, Lonely Planet, anglais total fluent contrairement au mien, négociation des prix pour le meilleur et pour le pire, et j’en passe – c’était elle qui faisait office de reporter-photographe), son appareil, donc, crépitait sans relâche devant la plus infime bestiole.

Or c’était souvent des vaches (atavisme ? Résurgence d’un ancien karma ?), qui d’ailleurs chérissaient instinctivement Marie… au point que l’une d’elle tenta de s’installer sur ses genoux, tâchant irrémédiablement son pantalon blanc de la boue du lac de Mahabaleshwar.

On a aussi vu un cavalier aussi digne qu’un Saint-Cyrien juché sur sa monture au beau milieu d’un sévère embouteillage de rickshaws à Hyderabad, des dromadaires nonchalants dans la même circulation intense, sans parler d’un troupeau considérable de chèvre sur un balcon, d’une poule sur un stand de cigarettes et d’un cafard égaré dans un bus délabré qui devait nous conduire d’Hyderabad à Pune. Quant aux écureuils rayés, Marie a bien failli les rater, le temps qu’elle dégaine, ils s’étaient bien souvent carapatés.

Mais le pompon, ça a quand même été ces pseudo-homuncules de singes. Quoiqu’il faille distinguer : les premiers que nous avons rencontrés dans les environs de Mahabaleshwar se sont très bien comportés – perchés comme il se doit sur des arbres, ils posaient complaisamment devant l’appareil pris de délire de Marie, sautaient souplement de branche en branche ou grignotaient les reliefs des repas humains. Bref, ils agissaient aussi convenablement que l’on peut l’espérer de cette engeance.

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Il faut cependant déplorer que les singes d’Elephanta Island ne se soient pas, pour leur part, comportés en parfaits gentlemen. Certes, de nombreux panneaux spécifiant « beware of monkeys » parsemaient l’île, mais qui s’en serait sérieusement inquiété avant de devenir victime desdits bestiaux ? Pas moi, en tout cas, qui portais notre futur déjeuner (tomates, concombres et oranges) dans un sac en plastique et me félicitais insidieusement de ne pas transporter de surcroît l’énorme provision de cacahuètes et noix de cajou achetées à Mahabaleshwar – encore une charge dévolue à Marie : ce n’est pas en vain que je me surnomme « l’assistée de service », et toute honte bue, je pourrais même ajouter « la profiteuse de service »). 0n avançait donc innocemment vers le site imposant des grottes dédiées à Shiva quand un coup aussi brutal qu’inopiné faillit me démettre l’épaule ! Je me retournai et avisai un salopard de petit singe de rien du tout qui venait de m’arracher le fameux sac en plastique rempli de victuailles. Et sans se faire voir, dans mon dos ! Par réflexe, je m’approchai de lui pour protester mais l’animal me lança un regard si furieux – je préfère ne pas évoquer davantage son affreux rictus – que je me ravisai. Et le monstre de fouiller très anthropomorphiquement le contenu du sac pour faire son choix. Il jeta d’abord son dévolu sur deux belles tomates, dont il enfourna une dans sa gueule pour se libérer une main afin d’emporter aussi une orange. Marie et moi assistions à la scène, totalement impuissantes, muettes et médusées… quand un valeureux Indien se précipita en gesticulant pour arracher son butin à la Bête. Il parvint à sauver l’orange – de toute façon, les tomates prémâchées par le singe, on n’en voulait plus, non mais des fois !

Autant dire que depuis, on regarde ces intéressantes bestioles d’un œil autrement plus suspicieux.

 

Hyderabad la sereine-2- Le retour

1 mars, 2010

inde2010032.jpg Les Maoïstes en centre ville

Où l’on comprend pourquoi entre attentats et manifestations, l’Inde se singularise par sa tendance pacifiste

Nouveaux affrontements entre policiers et étudiants pro-Telangana à Hyderabad
le 23/2/2010 à 11h26  par Antoine Guinard

La capitale d’Andhra Pradesh était à nouveau le théâtre de violences le weekend dernier, alors que les partisans d’un Telangana autonome se sont heurtés aux forces de l’ordre dans la ville. Un étudiant est décédé après s’être immolé en signe de protestation.

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30 000 policiers ont été déployés à Hyderabad samedi ©AFP
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Un jeune homme de 19 ans s’est immolé lors d’une manifestation

La tension ne sera retombée que momentanément à Hyderabad. Les autonomistes du Telangana, qui croyaient avoir obtenu gain de cause lorsque le gouvernement fédéral avait accepté de donner à cette région le statut d’Etat, ont aujourd’hui le sentiment d’avoir été trahis. Et l’ont fait savoir, le weekend dernier, dans la capitale de l’Andhra Pradesh (sud).

Plus de 30 000 policiers ont été déployés dans la ville, samedi matin, afin d’empêcher des partisans d’un Telangana indépendant, en majorité des étudiants, de prendre d’assaut l’assemblée régionale. La manifestation a pris une tournure violente lorsqu’un jeune homme de 19 ans s’est immolé à proximité de l’université Osmania à Hyderabad. Il a été transporté à l’hôpital où il a succombé à ses blessures, lundi matin.

Cet incident a immédiatement  fait monté d’un cran la tension entre forces de l’ordre et manifestants, qui se sont affrontrés sur le campus de l’université. La police a également investi le centre d’Hyderabad et érigé de nombreux barages dans la ville, établissant de facto un couvre-feu, selon le quotidien The Hindu.

Dans une lettre retrouvée à l’intérieur de son sac, l’étudiant qui s’est donné la mort évoque sa frustration face au manque de perspectives d’emploi en Andhra Pradesh. « La création du Telangana permettra à des gens comme moi de trouver du travail. Je donne ma vie pour le Telangana et le mouvement doit continuer jusqu’à qu’il soit créé », a-t-il écrit, d’après le quotidien Indian Express.

Région délaissée, pauvre et asséchée de l’Etat d’Andhra Pradesh, le Telangana ne bénéficie en effet pas des mêmes ressources économiques que la région côtière d’Andhra. Pour les partisans d’un Telangana autonome, la création d’un nouvel Etat (qui passe notamment par une représentation au Parlement et l’allocation de fonds par le gouvernement fédéral) est le seul moyen de donner plus de pouvoir à la région et de garantir son développement.

Le porte-drapeau politique et fer de lance du mouvement pour l’indépendance du Telangana, le Telangana Rashtra Samithi (TRS), pensait avoir remporté un bataille qui dure depuis plus de 40 ans, lorsque le gouvernement indien avait annoncé, le 9 décembre, la mise en oeuvre d’un processus pour la création d’un nouvel Etat.

L’euphorie a cependant rapidement fait place à la déception lorsque New Delhi a fait une nouvelle annonce, à la fin du mois dernier, cette fois pour la mise en place d’un comité d’étude sur la question de la création (ou non) du Telangana. Le TRS craint désormais un retour en arrière sur le statut d’Etat, en principe accordé en décembre à la région.

A la mi-février, les étudiants de l’université d’Osmania, épicentre historique des revendications autonomistes, ont lancé un appel à la grève, pour protester contre le comité de réfléxion sur le Telangana. 15 députés locaux (MLAs) de la région avaient ensuite donné leur démission avant que de nouvelles manifestations éclatent samedi.

La création de l’Etat du Telangana doit être votée à l’assemblée d’Andhra Pradesh, qui  reste très divisée sur la question. 119 de ses 294 députés sont rattachés au Telangana. La résolution doit ensuite être votée au deux tiers au Parlement indien.

Hyderabad la sereine

1 mars, 2010

inde2010020.jpgNous voilà donc à Hyderabad: Un aéroport tout de verre et de modernité occidentale; nous sommes à la Silicon Valley indienne

et puis, nous arrivons dans la « vraie « ville et là, tout change: le bruit, la foule, la pauvreté, l’aridité associée aux « gazons anglais » à grand gaspillage d’eau, les immeubles en construction et les bidonvilles

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On a survécu

28 février, 2010

mariannemarie03large.jpgOn a survécu