Hygiene et nourriture

L’un dans l’autre, Marie était plus frappée par la crasse que moi, cependant elle a réussi un exploit de détachement quasi fanatique : on nous avait amplement répété et seriné de faire bien attention à ce que nous mangions, mais poussée par son insatiable gloutonnerie, elle a dévoré jusqu’à la dernière miette ce que je pourrais soupçonner d’être un poison violent. A Mahabaleshwar, l’heure du déjeuner approchait, nous trions du regard les échoppes de nourriture pour choisir la plus conforme aux normes européennes d’hygiène (dans tous les cas, c’était assez loin du compte), par gestes et signes, nous faisons comprendre que nous voulons deux samoussasinde2010111.jpg. Jusque là, tout va bien. Puis le vendeur demande si on veut de la poudre de perlimpinpin dessus, Marie avide de goûts nouveaux acquiesce avec enthousiasme… et voilà notre vendeur qui enfonce un pouce puissant (à l’ongle carrément douteux) dans chacun des samoussas, pour y verser sauce, herbes, piments et autres ingrédients. Je me suis vue mentalement tomber raide d’horreur. Pas Marie.inde2010163.jpg

Elle a tout mangé, moi j’ai laissé les parties enfoncées. Il faut croire que le piment a tué les microbes : Marie n’est pas morte !

 Effectivement, j’ai tout mangé mais, après tout, comme nous sommes l’une et l’autre  incapables de décrire ou simplement de nommer ce que nous avons ingéré ( non pas ingéré mais dégusté avec volupté), je pense que ma soi-disant inconscience n’est que la manifestation de ma sagacité….

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